Pellets : le prix des granulés de bois en baisse !

Un an après l’envolée des prix, le marché du pellet retrouve de la sérénité. Mais si les prix redescendent, ils ne retrouveront pas leur niveau de 2021 à 5 euros le sac. Pour faire face à l’augmentation du nombre de foyers équipés en poêle ou chaudière à granulés, de nouveaux sites de production vont voir le jour.

C’était il y a un an. L’envolée des prix du granulé de bois. Jusqu’à 9, 10, voire 12 euros le sac de 15 kilos. Deux à trois fois plus en quelques mois. La faute… à la peur de manquer.

« Il y a eu la conjonction de deux facteurs, explique Eric Vial, le directeur de Propellet, l’association nationale qui regroupe les professionnels de la filière. On a depuis des années un verdissement des approvisionnements et une demande en hausse sur le granulé. Avec les tensions liées aux crises énergétiques, l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité, l’anxiété est montée chez les particuliers. Et le coup de grâce a été le début de la guerre en Ukraine. »

« Dans l’absolu, la filière avait des volumes qui permettaient de fournir. Mais 50% des foyers ont voulu acheter plus tôt que prévu dans la saison, alors qu’on n’avait quasi plus besoin de se chauffer. Et comme les consommateurs sont de plus en plus nombreux, il y a eu la panique. »

28 fois plus de foyers équipés en 15 ans

En 15 ans, le nombre de foyers qui se chauffent au granulé a été multiplié par 28. Rien qu’entre 2021 et 2022, c’est +17%. La France compte aujourd’hui 1,7 million de foyers équipés.

« C’est la première énergie renouvelable en France. C’est très bien, commente Eric Vial. Ça va dans le sens de la transition énergétique. Mais, à la clé, les niveaux de consommation ont déjà doublé en 5 ans, pour atteindre 2.5 millions de tonnes en 2022. Si la filière s’adapte, elle ne peut pas non plus suivre les paniques. Il n’y a aucune énergie qui peut suivre les paniques. On vient de passer une crise de croissance ».

Les prix vont-ils rebaisser ?

En cette fin d’hiver, partout la situation s’améliore. Le granulé est de retour et les prix sont à la baisse, autour de 8 voire 7 euros le sac de 15 kilos.

« On redescendra peut-être cet été à 6 euros, indique le directeur de Propellet. Mais on ne reviendra pas au niveau de 2021, à 4 ou 5 euros le sac. Les coûts de production ont fortement augmenté. Les connexes par exemple, les sous-produits qui nous arrivent des scieries, et qui avaient doublé en l’espace de 6 à 10 mois, vont redescendre un peu, mais il y a d’autres frais, l’électricité, le transport, l’emballage… »

« Je comprends que les gens soient énervés d’avoir vu doubler ou tripler la facture. Mais pour mémoire, même à 12 euros le sac, on était encore moins cher que l’électrique. On va revenir à des niveaux 3 fois moins cher que l’électricité, 2 fois moins cher que le fuel. Le granulé de bois restera le moins cher sur le marché ».

La filière va doubler sa production pour anticiper la fin des chaudières fioul

Avec 70 usines, la France est autosuffisante à 85%. Elle produit 2,1 millions de tonnes de pellets pour une consommation de 2,6 millions.

Pour amortir le choc de 2022, les imports ont augmenté de 40%. En provenance de Belgique, d’Espagne, d’Allemagne notamment. Du Portugal, de Scandinavie, et de Russie aussi, « mais avant l’embargo » précise Eric Vial. Pendant ce temps-là, l’export a aussi diminué de 30%.

Comme le potentiel de développement est encore immense, avec 11 millions de foyers toujours chauffés à l’électricité et plus de 3 millions de chaudières fioul à remplacer, la filière tente aussi d’anticiper. Depuis 2018, 2019, de nouvelles usines ont été programmées.

En 2022, trois nouveaux sites ont permis de sortir 270 000 tonnes supplémentaires. Ce sera encore le cas en 2023. Et ainsi de suite jusqu’en 2028 pour arriver à 4 millions de tonnes. La production aura doublé en 7 ans.